admettre
(a-dmè-tr'. Se conjugue comme mettre)
   V. a. Laisser entrer, recevoir. Admettre dans sa maison. J'entends qu'on n'admette personne chez moi. Il ne m'admit pas en sa présence. Refuser d'admettre un suppliant. On l'admit à l'audience du pape. Ils furent admis au pied du trône. Être admis devant quelqu'un.
   Caron admet dans sa barque le jeune Grec, FÉN. Tél. XVIII.
   En vous le produisant, je ne crains pas le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame, MOL. Femmes sav. III, 5.
   C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre, VOLT. Orphel. III, 1.
   Respectant ce vieillard qui daigne ici t'admettre, VOLT. Tancr. III, 6.
   .... devant moi je veux qu'il soit admis, VOLT. Mér. IV, 1.
   Fig. Admettre quelqu'un parmi ses amis. Ceux que l'Église admettait au nombre des siens. Les plébéiens furent admis aux honneurs. Il admet dans sa confiance ceux qui.... On ne doit admettre dans cette école que les jeunes gens qui.... Il fut admis dans l'amitié de ce grand homme. Ils l'admettaient dans tous leurs conseils. Il déclara qu'il n'admettrait personne à partager le prix de la victoire.
   Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays...., FÉN. Tél. XII.
   L'admettre dans sa confidence et dans sa plus entière familiarité, BOURD. Pensées, t. II, p. 433.
   Dans un désir ardent d'être admise à la béatitude céleste, BOURD. ib. p. 447.
   Rome.... N'admet avec son sang aucun sang étranger, RAC. Bérén. II, 2.
   Admettons-nous quelque autre à cet honneur suprême ?, VOLT. Mort de Cés. II, 4.
   Digne, un jour, d'être admis parmi nos citoyens, VOLT. Orphel. I, 1.
   On le leur amène, cet homme propre à parer les avenues d'une foire, et à être montré en chambre pour de l'argent ; ils l'admettent dans leur familiarité, LA BRUY. 13.
   Admettre à, permettre de. Il fut admis à défendre son projet. Admettre quelqu'un à se justifier.
   Admettez l'innocence à réprimer l'outrage, ROTROU Bélis. V, 5.
   Il n'y avait point d'homme si souille que la religion du Christ n'admît à repentir, CHATEAUB. Génie, I, , VI 2.
   Reconnaître pour véritable. Admettre un privilége. Les épicuriens admettaient des dieux oisifs. Les astronomes admettent la gravitation pour cause du mouvement des corps célestes. Tout le monde admet aujourd'hui que le soleil est au centre du monde.
   .... Mon coeur, qui s'ignore, Peut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre ?, VOLT. Zaïre, I, 1.
   L'esprit docile admet la vraie religion, et l'esprit faible ou n'en admet aucune ou en admet une fausse, LA BRUY. 16.
   Admettre les pensées creuses, écartées des notions communes, ou tout au plus les subtiles et les ingénieuses, LA BRUY. ib..
   ...ou, comme vous parlez quelquefois, les merveilles du hasard que vous admettez seul pour cause première de toutes choses, ID. ib..
   Les admettre tous [les récits de magie] ou les nier tous, paraît un égal inconvénient, LA BRUY. 14.
   Tenir pour bon, agréer pour valable. J'admets vos raisons. Ses excuses furent admises. L'action judiciaire ne fut pas admise.
   Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme, BOILEAU A. P. I.
   Supposer. Admettre qu'il en soit ainsi. Admettons qu'il y ait des auspices. J'admets qu'il y ait six mille graines semées qui meurent.
   En parlant des choses, comporter, souffrir. Cette affaire n'admet point de retard. L'adverbe admet le comparatif.
   Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur, CORN. Cid, I, 8.
   L'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine, RAC. Bér. I, 5.
   1. On dit admettre à quand la chose où l'on admet ne se présente pas facilement à l'esprit comme un lieu : Admettre aux honneurs, au consulat ; admettre au nombre. Avec un infinitif, c'est toujours à : On l'admit à siéger. Admettre dans, quand la chose où l'on admet peut se présenter comme un lieu : Admettre dans un séjour, dans la familiarité ; mais même alors la préposition à n'est pas exclue : Admettre à sa familiarité. Admettre parmi, entre, quand une idée de nombre se présente à l'esprit : On les admit parmi les privilégiés.
   2. Admettre que, au sens de reconnaître pour vrai, veut l'indicatif, s'il n'y a pas de négation ; et, s'il y en a, le subjonctif : j'admets qu'il en est ainsi ; je n'admets pas qu'il en soit ainsi. Au sens de supposer, il veut toujours le subjonctif : admettant que cela soit vrai.
   ADMETTRE, RECEVOIR. C'est donner entrée ou accès. La différence est que celui qui admet prend une détermination qui lui est propre, et que celui qui reçoit consent à ce qui lui est proposé. On admet quelqu'un qu'on désire, qu'on trouve digne, etc. On reçoit celui qui est présenté. On admet une vérité qu'on a examinée. On reçoit une opinion sur parole, par tradition.
   XVIe s.
   Le nid ne peult recevoir ny admettre que l'oyseau qui l'a basti, MONT. II, 198.
   Le peuple ne voulut point admettre ny recevoir son excuse, AMYOT Cam. 53.
   Provenç. Amettre et admettre ; espagn, admitir ; portug. admittir ; ital. ammittere ; de admittere, de ad, à (voy. à), et mittere, envoyer (voy. mettre). On voit que l'espagnol et le portugais ont changé la conjugaison, et supposent une forme bas-latin admittire.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.

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  • admettre — [ admɛtr ] v. tr. <conjug. : 56> • XVe; amettre XIIIe, sens div. en a. fr.; lat. admittere 1 ♦ Accepter de recevoir (qqn). ⇒ accueillir, agréer. Admettre qqn à sa table. Être admis à un examen. « Jusqu à ce qu il eût été admis à l Académie… …   Encyclopédie Universelle

  • admettre — ADMETTRE. v. a. (Il se conjugue comme Mettre.) Recevoir à la participation de quelque avantage. Admettre quelqu un dans une Société, dans une Compagnie, à sa table. Admettre quelqu un au rang, au nombre de ses amis. Admettre aux Ordres sacrés.… …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • admettre — Admettre. v. act. Recevoir à la participation de quelque avantage. Admettre quelqu un dans une societé, dans une Compagnie, admettre quelqu un au rang, au nombre de ses amis. il a esté admis au Barreau. admettre aux Ordres sacrez. admettre à la… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • admettre — Admettre, Admittere. Admis, Admissus …   Thresor de la langue françoyse

  • ADMETTRE — v. a. (Il se conjugue comme Mettre. ) Recevoir une personne à la participation de quelque avantage. Admettre quelqu un dans une société, dans une compagnie, à sa table. Admettre quelqu un au rang, au nombre de ses amis. Admettre aux ordres sacrés …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • ADMETTRE — v. tr. Recevoir par choix, faveur ou condescendance. Admettre aux ordres sacrés. Admettre quelqu’un dans une société, dans une compagnie, à sa table. Admettre quelqu’un au nombre de ses amis. Admettre à la communion de l’église. Admettre à la… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • admettre — vt. ADMÈTRE (Albanais.001, Montagny Bozel, Villards Thônes). A1) expr., il ne veut pas admettre admettre // reconnaître // accepter // se résigner // se rendre à l évidence admettre de (+inf.) : é vu pâ k é sai dè dè <ne pas vouloir que ça… …   Dictionnaire Français-Savoyard

  • Admettre — III гр., (avoir) P.p.: admis 1) Допускать, принимать (куда либо) 2) Допускать, признавать Présent de l indicatif j admets tu admets il admet nous admettons vous admettez ils admett …   Dictionnaire des verbes irréguliers français

  • ettre — admettre carte lettre commettre compromettre contre lettre décommettre démettre entremettre gendelettre lettre mandat lettre mettre omettre permettre promettre pèse lettre remettre retransmettre réadmettre soumettre transmettre émettre …   Dictionnaire des rimes

  • reconnaître — [ r(ə)kɔnɛtr ] v. tr. <conjug. : 57> • reconnoistre 980; lat. recognoscere « reconnaître; inspecter; examiner » I ♦ Saisir (un objet) par la pensée, en reliant entre elles des images, des perceptions; identifier par la mémoire, le jugement… …   Encyclopédie Universelle

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