t


t
(, ou, dans la nouvelle épellation, te) s. m.
   La vingtième lettre de l'alphabet et la seizième des consonnes. Un T majuscule. Un petit t.
   T final ne se prononce ordinairement que devant les mots commençant par une voyelle ou par une h muette.
   Cependant on le fait sentir même devant une consonne, à la fin de certains mots tels que : accessit, brut, chut, dot, déficit, indult, etc.
   Richelet dit qu'à la fin du sens il faut faire sentir le t de quelque mot que ce soit : allumer un fagot, obliger un ingrat, etc. Cette prononciation, recommandée aussi par Régnier-Desmarais, n'est plus usitée.
   Ti se prononce si, dans certains mots, tels que inertie, prophétie, etc.
   Tien se prononce sien, dans les noms propres terminés en tien : Gratien, Dioclétien, et dans ceux qui désignent de quel pays on est : Vénitien, Vénitienne.
   Le t garde sa valeur propre devant y : Amphictyon, ptyalisme, Titye, etc. Le th, quelles que soient les lettres dont ce digramme est précédé ou suivi, se prononce t : antipathie, Pythie, Scythie, sympathie, Thyeste.
   T euphonique : lorsque le temps d'un verbe terminé par une voyelle est immédiatement suivi des pronoms il, elle, on, et lorsque l'adverbe voilà est immédiatement suivi du pronom il, on intercale un t : Dira-t-on, joue-t-elle, fera-t-il, va-t-il.
   Ainsi, n'ayant au coeur nul dessein pour Clitandre, Que vous importe-t-il qu'on y puisse prétendre ?, MOL. F. sav. I, 1.
   Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà !, MOL. ib. I, 1.
   Ce t est étranger à l'ancienne langue, du moins quant à la prononciation. Dans les très hauts temps, il s'écrivait, mais ne se prononçait pas le plus souvent. à la fin du XIIe et au XIIIe siècle, il ne s'écrivait ni ne se prononçait : les vers montrent que l'on disait aime il en deux syllabes, et non, comme nous, en trois syllabes, aime-t-il. Mais la prononciation actuelle était en vigueur dès le XVIe siècle au moins ; car les grammairiens de ce siècle nous apprennent que, bien qu'on écrive aime il, on prononce aime-t-il.
   Dans l'imprimerie et la reliure, T indique la 20e feuille d'un volume.
   Terme de musique. T sur une partie de chant signifie taille.
   Sur les partitions d'une symphonie il se met quelquefois pour tutti (tous).
   Dans les marques qu'on gravait autrefois sur l'épaule des condamnés, T signifiait travaux ; T. F. travaux forcés.
10°   Sur les monnaies de France, il indique qu'elles ont été frappées à Nantes.
11°   Il valait 160 dans les lettres numérales employées chez les Romains, et, surmonté d'un trait, 160 000.
12°   Se dit de tout ce qui a la forme de cette lettre, voy. .
   Lat. t ; grec, qui est le tau phénicien.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.


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