nom


nom
(non) s. m.
1°   Mot qui désigne une personne.
2°   Personnage, homme.
3°   Petit nom.
4°   Nom chez les Romains, dans le moyen âge et de nos jours.
5°   Le nom de Dieu
6°   Nom propre que l'on impose aux animaux.
7°   Nom qui désigne un être, un objet, une chose.
8°   Le nom chrétien, le nom romain, etc. tout ce qui porte le nom de chrétien, de romain.
9°   Qualité, titre, en style de pratique.
10°   Nom social.
11°   Réputation.
12°   Noblesse, qualité.
13°   Personnes du même nom
14°   Dénomination, qualité.
15°   Qualification morale, appliquée soit aux personnes, soit aux choses.
16°   En termes de grammaire, mot qui sert à qualifier les personnes ou les choses.
17°   Ce qui n'est pas effectif, par opposition à ce qui est réel.
18°   Ancien terme d'algèbre.
19°   Nom de Jésus
20°   Au nom de.
21°   De nom.
   Mot qui désigne une personne. Un nom de famille. Un nom de baptême.
   Quel abus de quitter le vrai nom de ses pères Pour en vouloir prendre un bâti sur des chimères !, MOL. Éc. des femm. I, 1.
   Des noms de femmes que les Latins terminent en o, il n'y a guère que Dido qui prenne l'n pour faire Didon ; on dit Calypso, Ino, Io et Sapho, et non pas Calypson, Inon, Ion et Saphon, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 86, dans POUGENS.
   Que dites-vous du nom de M. le Prince qui leur a fait lever le siége d'Haguenau, comme il fit fuir les ennemis l'année passée à Oudenarde ?, SÉV. 212.
   Voilà votre fils [vous madame de Coligny] dans le nom naturel de sa maison [Langhac] ; il en a les terres, SÉV. 11 juin 1690.
   De telles vengeances rudes et basses [contre Foucquet] ne sauraient partir d'une âme comme celle de notre maître [Louis XIV] ; on se sert de son nom et on le profane comme vous voyez, SÉV. 21 déc. 1664.
   Vous l'avez cherché [Pierre Corneille] en moi [Th. Corneille], et, n'y pouvant trouver son mérite, vous vous êtes contentés d'y trouver son nom, TH. CORN. Disc. de réc. à l'Acad. franç..
   Comme les rois d'Orient prenaient plusieurs noms, ou, si vous voulez, plusieurs titres, qui ensuite leur tenaient lieu de nom propre, et que les peuples les traduisaient ou les prononçaient différemment, selon les divers idiomes de chaque langue, des histoires si anciennes dont il reste si peu de bons mémoires ont dû être par là fort obscurcies, BOSSUET Hist. I, 1.
   On y voit un autre Gustave, non moins fier ni moins hardi ou moins belliqueux que celui dont le nom fait encore trembler l'Allemagne, BOSSUET Anne de Gonz..
   On dit tout, quand on prononce seulement le nom de Louis de Bourbon, prince de Condé, BOSSUET ib..
   Pour ne voir pas votre nom terni, votre mémoire abolie, BOSSUET le Tellier..
   Jules Mazarin, dont le nom devait être si grand dans notre histoire, BOSSUET le Tellier..
   Justice.... qui tombe et disparaît tout à coup, quand on allègue, sans ordre même et mal à propos, le nom de César [l'empereur, le souverain], BOSSUET ib..
   Tu n'es pas encore, lui disait-il [le Seigneur], mais je te vois, et je t'ai nommé par ton nom : tu t'appelleras Cyrus, BOSSUET Louis de Bourbon..
   D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare, BOILEAU Art p. III.
   Et, sur le nom de son ambassadeur [de la Grèce], J'avais dans ses projets conçu plus de grandeur, RAC. Andr. I, 2.
   Elle m'a fatigué de ce nom ennemi, RAC. Brit. IV, 3.
   On ne voit point le peuple à mon nom s'alarmer, RAC. ib. IV, 3.
   Et ton nom [Néron] paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, RAC. ib. V, 6.
   Il ne répond encor qu'au nom d'Éliacin, RAC. Athal. I, 2.
   Votre nom est comme un parfum délicieux qui s'exhale de pays en pays chez les peuples les plus reculés, FÉN. Tél. XIV.
   Ils avaient pris des noms de terres ; et du véritable, je crois qu'ils ne s'en souvenaient plus eux-mêmes, MARIV. Pays. parv. 1re part..
   Les noms, qui donnent aux hommes l'idée d'une chose qui semble ne devoir pas périr, sont très propres à inspirer à chaque famille le désir d'étendre sa durée ; il y a des peuples chez lesquels les noms distinguent les familles ; il y en a où ils ne distinguent que les personnes ; ce qui n'est pas si bien, MONTESQ. Esp. XXIII, 4.
   Les païens portaient la superstition jusqu'à croire qu'il y avait des noms plus agréables aux dieux les uns que les autres, et sous lesquels ils aimaient mieux être invoqués, DUMARS. Oeuv. t. I, p. 66.
   J'apprends que Platon est revenu de chez Denys de Syracuse ; ce n'est pas que je ne vous croie au-dessus de Platon, et l'autre au-dessus de Denys ; mais les vieux noms font un merveilleux effet, VOLT. Lett. d'Alemb. 28 sept. 1763.
   Votre nom seul ici manquait à ces grands noms, VOLT. Tancr. III, 1.
   La Vénus de Lemnos fut le seul ouvrage auquel Phidias osa mettre son nom, DIDER. Observ. sur la sculpt. Oeuv. t. XV, p. 310, dans POUGENS..
   M. de Thury, fils de Jacques Cassini, et troisième du nom, imagina de mesurer...., BAILLY. Hist. astr. mod. t. III, p. 6, dans POUGENS.
   C'est une vérité reconnue que tous les noms propres ont été jadis significatifs, BAILLY. Atlant. lett. 21.
   Tu voudrais cependant que sur un cénotaphe La gloire t'inscrivît ta ligne d'épitaphe, Et promît à ton nom, de temps en temps cité, Ses heures de mémoire et d'immortalité, LAMART. Harm. II, 12.
   Tu sais que tôt ou tard, dans l'ombre de l'oubli, Siècles, peuples, héros, tout dort enseveli ; Qu'à cette épaisse nuit qui descend d'âge en âge, A peine un nom par siècle obscurément surnage, BAILLY. ib. II, 12.
   Avoir nom, porter le nom.
   Elle avait nom Philis, son voisin Eurylas, LA FONT. Gascon..
   Je veux qu'il [un ornement] ait nom mouche ; est-ce un sujet pourquoi, Vous [mouche] fassiez sonner vos mérites ?, LA FONT. Fabl. IV, 5.
   Comment vous nommez vous ? - J'ai nom Éliacin, RAC. Athal. II, 7.
   Simple nom, nom que l'on n'accompagne pas de monsieur ou de quelque autre désignation.
   Je me suis toujours révolté contre cette coutume impolie qu'ont prise plusieurs jeunes gens d'appeler par leur simple nom des auteurs illustres qui méritent des égards, VOLT. Mél. litt. aux aut. nouv. Parnasse..
   Changer de nom, se dit d'une femme qui se marie et qui perd son nom pour prendre celui de son mari.
   Mettre les noms sur les visages, savoir nommer les gens en les voyant.
   Je n'ai pas le don de placer si vite les noms sur les visages ; au contraire, je fais tous les jours mille sottises là-dessus, SÉV. 18 mars 1671.
   Sous le nom de quelqu'un, en prenant son nom.
   Quelque autre aura fait cette histoire sous leur nom, BOSSUET Hist. II, 13.
   Et, sous des noms romains faisant notre portrait, Peindre Caton galant et Brutus dameret, BOILEAU Art p. III.
   J'apprends que, pour ravir son enfance au supplice, Andromaque trompa l'ingénieux Ulysse, Tandis qu'un autre enfant arraché de ses bras Sous le nom de son fils fut conduit au trépas, RAC. Andr. I, 1.
   Ce qu'on se défend sous un nom, On se le permet sous un autre, LAMOTTE Fabl. I, 8.
   Le cordelier Perreti, devenu pape sous le nom de Sixte V, envoyait un légat à Paris, et lui donnait une juridiction entière sur les laïques, VOLT. Hist. parlem. XXXII.
   Les tragédies de l'abbé Abeille étaient données sous le nom du comédien la Thuillerie, D'ALEMB. Éloges, Gasp. Abeille..
   Prêter son nom, se dit de celui qui permet qu'une personne prenne son nom pour faire quelque chose.
   Atalide a prêté son nom à cet amour, RAC. Bajaz. I, 1.
   On se servait d'un Latin ou d'un allié qui prêtait son nom et paraissait être le créancier, MONTESQ. Esp. XXII, 22.
   Familièrement. Décliner son nom, dire qui l'on est, afin de se faire connaître.
   J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom, Et dît : je suis Oreste ou bien Agamemnon, Que d'aller par un tas de confuses merveilles, Sans rien dire à l'esprit, étourdir les oreilles, BOILEAU Art poét. III.
   Je réussirai, ou j'y perdrai mon nom, c'est-à-dire je suis décidé à tout sacrifier pour réussir dans cette affaire.
   Fig. Personnage, homme. Son nom figure souvent dans l'histoire. On a mêlé son nom à d'assez tristes aventures.
   Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux [les Romains], Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, RAC. Mithr. V, 5.
   Les grands noms, les personnes illustres par la noblesse et le rang.
   J'aperçus en ce temps-là que les grands noms, quoique peu remplis et même vides, sont toujours dangereux, RETZ Mém. livre III, t. II, p. 216, dans POUGENS.
   Les grands noms sont toujours de grandes raisons aux petits génies, RETZ ib. t. IV, liv. V, p. 22.
   Fig.
   Vous savez, mon cher ami, que mes grands noms sont ceux de Newton, de Locke, de Corneille, de Racine, de la Fontaine, de Boileau, VOLT. Lett. Thiriot, 1768.
   Familièrement, petit nom se dit pour prénom, nom de baptême. Mon petit nom est Paul, est Alice.
   Petit nom est aussi un nom d'amitié par lequel on désigne une personne avec qui on vit familièrement. Le petit nom est souvent un nom d'enfance.
   Elle lui dit publiquement mille choses tendres, et lui donne de petits noms, FONTEN. Lett. galant. II, 1.
   Le nom de cette aimable personne était Gaucher ; son nom d'enfance et de caresse était Lolote, MARMONTEL Mém. IV.
   Nom de guerre, voy. guerre, n° 9.
   Nom de religion, voy. religion.
   Les Romains avaient trois noms, le prénom (praenomen), qui désignait l'individu, le nom (nomen), qui distinguait la gens (voy. gens 2), et le troisième nom (cognomen), qui marquait la branche, la famille, par exemple : Caïus Julius Caesar ; et quelquefois quatre, le quatrième (agnomen) étant un surnom, par exemple : Publius Cornelius Scipio Africanus.
   Dans le monde moderne, l'origine des noms de famille remonte à l'établissement de la féodalité et aux croisades.
   Ce ne fut que vers la fin de la seconde race que, les fiefs, qui n'étaient auparavant qu'à vie, étant devenus héréditaires, on prit le nom du fief que l'on possédait, et ce nom devint aussi héréditaire dans les familles, SAINT-FOIX Ess. Paris, Oeuv. t. IV, p. 254, dans POUGENS.
Longtemps dans le moyen âge, on désigna les individus par le nom de baptême auquel on ajoutait le nom du père, de cette façon : Johannes Petri, Jean fils de Pierre, ce qui se disait en français, par l'effet de la règle des deux cas : Jean Pierre ; beaucoup de noms ainsi faits sont devenus des noms de famille.
   En France on a deux noms, le ou les prénoms et le nom.
   Terme d'antiquité. Nom diacritique, celui par lequel une personne était généralement désignée, entre les noms qu'elle portait.
   Le nom de Dieu, le mot par lequel on le désigne.
   J'ai fait à David un serment irrévocable par mon saint nom, et je ne lui mentirai point, SACI Bible, Psaume LXXXVIII, 36.
   J'y écrirai, dit-il [le Sauveur], le nom de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem, et mon nouveau nom, BOSSUET Mar.-Thér..
   [Ô Dieu] Tu vois nos pressants dangers, Donne à ton nom la victoire, RAC. Esth. I, 5.
   Que son nom [du Seigneur] soit béni, que son nom soit chanté ; Que l'on célèbre ses ouvrages, Au delà du temps et des âges, Au delà de l'éternité !, RAC. ib. III, 9.
   Ce doux repos du coeur qui suit un saint soupir, Ces troubles que d'un mot ton nom vient assoupir, Mon Dieu, donnent à l'âme ignorante et docile Plus de foi dans un jour qu'il n'est besoin pour mille, LAMART. Harm. I, 5.
   Son nom [de Dieu] tel que la nature Sans paroles le murmure, Tel que le savent les cieux ; Ce nom que l'aurore voile, Et dont l'étoile à l'étoile Est l'écho mélodieux, LAMART. ib. II, 13.
   Il se dit aussi du nom propre que l'on impose aux animaux soit pour leur parler soit pour les désigner. Les chiens entendent leur nom.
   Mot qui désigne un être, un objet, une chose. Le nom d'une ville, d'un pays, d'une rivière, d'une montagne, d'une plante.
   J'y consens, leur dis-je ; car je ne dispute jamais du nom, pourvu qu'on m'avertisse du sens qu'on lui donne, PASC. Prov. I.
   On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire que les seules impositions de nom aux choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus, PASC. De l'esprit géom. I.
   Nous ne pensons jamais ou presque jamais à quelque objet que ce soit, que le nom dont nous l'appelons ne nous revienne ; ce qui marque la liaison des choses qui frappent nos sens, telles que sont les noms, avec nos opérations intellectuelles, BOSSUET Connaiss. III, 14.
   Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom, BOSSUET Reine d'Anglet..
   De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues, BOSSUET Duch. d'Orl..
   Sa Majesté veut qu'il fasse peindre et dorer le nom à la poupe de chacun de ses vaisseaux ; et, si les étrangers n'en usent ainsi, elle est bien aise de leur en donner l'exemple, sa marine étant plus belle et plus parfaite qu'aucune de celles des nations étrangères, Ordre du roi, 1678, dans JAL.
   Le pays a pris le nom du fleuve, FÉN. Tél. VIII.
   Si l'étoile Canope avait donné son nom à la ville, ou si la ville avait donné le sien à l'étoile, VOLT. Babyl. 11.
   Toutes les villes avaient un nom mystérieux que l'on cachait soigneusement aux ennemis, de peur qu'ils ne mêlassent ce nom dans des enchantements, et par là ne se rendissent les maîtres de la ville, VOLT. Philos. Exam. milord Bolingbroke, IV.
   Les noms composés de sons imitatifs de la voix, du chant, des cris des animaux sont, pour ainsi dire, les noms de la nature ; ce sont aussi ceux que l'homme a imposés les premiers, BUFF. Ois. t. XV, p. 28.
   Je pourrais ajouter que les premiers noms des animaux en imitèrent vraisemblablement le cri ; remarque qui convient également à ceux qui furent donnés aux vents, aux rivières et à tout ce qui fait quelque bruit, CONDIL. Conn. hum. II, I, 2.
   Il y a des philosophes qui ont pensé que les noms de la langue primitive exprimaient la nature même des choses ; ils raisonnaient sans doute d'après des principes semblables à ceux que je viens d'exposer, et ils se trompaient, CONDIL. Gramm. I, 2.
   Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ? Dans son brillant exil mon coeur en a frémi, LAMART. Harm. III, 2.
   Nommer les choses par leur nom, donner sans ménagement aux choses et aux personnes les noms qu'elles méritent.
   Je ne puis rien nommer si ce n'est par son nom, J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon, BOILEAU Sat. I.
   Mon dessein a été de vous accoutumer à entendre nommer les choses par leur nom, FÉN. Tél. XII.
   Nommer les choses par leur nom, signifie aussi employer dans la conversation des termes que la bienséance en a bannis.
   N'avoir pas de nom, se dit d'une chose qui ne peut être qualifiée assez sévèrement. Sa conduite n'a pas de nom.
   C'est un excès qui n'a pas de nom, BOSSUET 5e avert. 53.
   Le nom chrétien, le nom romain, le nom français, etc. tout ce qui porte le nom de chrétien, de Romain, de Français, etc. c'est-à-dire tous les chrétiens, le christianisme ; tous les Romains, l'empire romain ; tous les Français, la monarchie française, etc.
   Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle...., BOSSUET Louis de Bourbon..
   C'est là [en Italie] qu'en arrivant, plus qu'en tout le chemin, Vous trouverez partout l'horreur du nom romain, RAC. Mithr. III, 1.
   Les Turcs, fiers de leurs conquêtes passées, menaçaient le nom chrétien, MASS. Or. fun. Conty..
   En style de pratique, qualité, titre en vertu duquel on agit, on prétend à quelque chose. Il procède au nom et comme tuteur. Ès noms qu'il procède.
   Répondre d'une chose en son propre et privé nom, en être personnellement responsable.
   Céder ses droits, noms, raisons et actions, transporter les droits et titres en vertu desquels on prétend quelque chose.
   On dit aussi : être attaqué, poursuivi en son propre et privé nom, être attaqué, poursuivi directement et personnellement.
   On dit : Mme B...., en son nom [de demoiselle] Mlle X....
10°   Terme de commerce. Nom social, le nom que des associés doivent signer pour représenter la raison de leur commerce. Être en nom dans une affaire, dans une maison de commerce. Il fait partie de telle maison, de telle société commerciale, mais il n'est pas en nom, c'est-à-dire la maison de commerce ne porte pas son nom.
11°   Réputation. Il a laissé un nom détesté. Cet auteur a déjà quelque nom.
   Ma reine acquiert à ses mérites Un nom qui n'a point de limites, MALH. III, 3.
   Et ne prétends avoir.... Qu'un simple bénéfice et quelque peu de nom, RÉGNIER Sat. III.
   Ce nom qu'il s'est acquis chez les peuples d'Espagne, CORN. Sertor. I, 1.
   Moi qui depuis dix ans ai gagné sept batailles, N'ai-je acquis tant de nom que pour prendre la loi De qui n'a commandé que sous Procope ou moi ?, CORN. Pulch. I, 5.
   Mon crime véritable est d'avoir aujourd'hui Plus de nom que mon roi, plus de vertu que lui, CORN. Sur. V, 2.
   Aucun législateur n'a jamais eu un si grand nom parmi les hommes [que Moïse], BOSSUET Hist. II, 3.
   Ce sera de nos jours s'être fait un nom que d'avoir servi sous le prince de Condé, BOSSUET Louis de Bourbon..
   Worms, Spire, Mayence, Landau, vingt autres places de nom ouvrent leurs portes, BOSSUET Louis de Bourbon..
   Ne laisser aucun nom, et mourir tout entier, RAC. Iphig. I, 2.
   La sotte vanité semble être une passion inquiète de se faire valoir par les plus petites choses, ou de chercher, dans les sujets les plus frivoles, du nom et de la distinction, LA BRUY. Théophr. XXI.
   Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis, LA BRUY. I.
   Il n'y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s'achève que l'on a à peine commencé son ouvrage, LA BRUY. II.
   Il [Philopémen] s'en retourna chez les Achéens avec un si grand nom, qu'à son arrivée il fut fait général de la cavalerie, ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. VIII, p. 135, dans POUGENS.
   À quoi nous sert un nom stérile ? Ce n'est plus qu'un bruit inutile, Qui n'est pas même un bruit pour nous, LAMOTTE Odes, t. I, p. 341, dans POUGENS.
   Ô qu'un grand nom, dit-il, est un poids incommode !, DELILLE Convers. II.
   La gloire de son nom, se dit de la gloire, de la réputation qu'une personne s'est acquise.
   La gloire de mon nom vaut bien qu'on le retienne, CORN. Don Sanche, V, 5.
   Cet homme est sans nom, c'est un homme sans nom, c'est-à-dire on ne le connaît point dans le monde, il est sans crédit, sans autorité, sans réputation.
   Par extension.
   Notre vie est semblable au fleuve de cristal Qui sort humble et sans nom de son rocher natal, LAMART. Harm. II, 12.
12°   Noblesse, qualité.
   Polyeucte a du nom et sort du sang des rois, CORN. Poly. II, 1.
   Vous avez tant de nom que tous les rois voisins Vous veulent comme Orode unir à leurs destins, CORN. Suréna, III, 2.
   Les grands noms abaissent au lieu d'élever ceux qui ne les savent pas soutenir, LA ROCHEFOUC. Max. 94.
   Il n'y eut qu'un homme de quelque nom de tué, c'est Beauregard, qui avait été page du roi, PELLISSON Lett. hist. t. III, p. 51, dans POUGENS.
   Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite, MOL. Sicil. 11.
   Le monde aujourd'hui n'est plein que.... de ces imposteurs qui ... s'habillent insolemment du premier nom illustre qu'ils s'avisent de prendre, MOL. l'Avare, V, 5.
   Elle [la victoire] ne nous coûte que quelques soldats et pas un homme qui ait un nom, SÉV. 29 avril 1676.
   Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon Achille préférât une fille sans nom ?, RAC. Iphig. II, 5.
   De bien des gens il I 'y a que le nom qui vaille quelque chose ; quand vous les voyez de fort près, c'est moins que rien, LA BRUY. II.
   Si vous portez un grand nom, on le dispute à vos ancêtres, MASS. Avent, Bonh..
   Il avait une figure noble et belle, beaucoup d'esprit, un grand nom, une fortune indépendante, STAËL Corinne, I, 1.
   Ton nom ? - Je n'en ai pas ; mais tu vas m'en faire un, C. DELAVIGNE la Fille du Cid, II, 11.
C'est un nom qui s'éteint, se dit d'une famille dont le nom ne peut plus se continuer, faute d'héritiers mâles.
13°   Personnes du même nom, famille.
   Je vous embrasse en pleurant [à cause de la mort d'un Grignan], comme si j'avais l'honneur d'être de votre nom, SÉV. à M. de Grignan, 18 mars 1689.
   Je suis persuadée que vous êtes aimée dans votre famille [de Grignan].... par votre conduite et vos actions vous avez acquis un droit sur tout ce nom, SÉV. à Mme de Grignan, 1er nov. 1688.
   Sa femme [de Charles de Sévigné], qui est d'un des bons noms de la province [Bretagne], SÉV. 22 juil. 1685.
14°   Dénomination, qualité.
   Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, à ce tigre altéré de tout le sang romain, CORN. Cinna, I, 3.
   Pompée : Elle paraît ma femme et n'en a que le nom. - Aristie : Et ce nom seul est tout pour celles de ma sorte, CORN. Sertor. III, 4.
   Ils [les hommes] vont tous se confondre dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes, ni capitaines, ni tous ces autres augustes noms qui nous séparent les uns des autres, BOSSUET Gornay..
   Des extravagants qui prirent le nom de philosophes, BOSSUET Hist. III, 5.
   Peut-être avant la nuit, l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'impératrice, RAC. Bérén. I, 3.
   Fille d'Agamemnon, c'est moi qui la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père, RAC. Iphig. IV, 4.
   De l'honneur ottoman ses successeurs jaloux Ont daigné rarement prendre le nom d'époux ?, RAC. Bajaz. II, 1.
   Mais sous un autre nom n'est-il pas roi lui-même ?, VOLT. Brutus, IV, 3.
   Il faut un nouveau nom pour un nouvel empire, Un nom plus grand, plus saint, moins sujet aux revers, VOLT. M. de César, I, 3.
   On nomme ce tyran du nom de roi des rois, VOLT. Orphel. I, 1.
15°   Qualification morale, appliquée soit aux personnes, soit aux choses. Ce prince a mérité le nom de grand.
   La reine, sa belle-mère, malgré ce nom odieux, trouva en elle non-seulement un respect, mais encore une tendresse..., BOSSUET Mar.-Thér..
   La première [de ses bonnes oeuvres] fut d'acquitter ce qu'elle devait avec une scrupuleuse régularité, sans se permettre ces compositions si adroitement colorées qui souvent ne sont qu'une injustice couverte d'un nom spécieux, BOSSUET Anne de Gonz..
   Qui leur résoudra ces doutes, puisqu'ils [les esprits forts] veulent les appeler de ce nom ?, BOSSUET ib..
   Je sais que vous leur donnez [à certaines liaisons] de beaux noms, et que, pour en étouffer tous les remords, vous les qualifiez sans scrupule d'amitiés honnêtes, BOURDAL. Myst. Pentecôte, t. I, p. 459.
   Il faut en France beaucoup de fermeté... pour se passer des charges et des emplois... il ne manque cependant à l'oisiveté du sage qu'un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s'appelât travailler, LA BRUY. II.
   Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre, Madame ; on ne m'a pas instruite à les entendre, RAC. Iphig. II, 5.
16°   Terme de grammaire. Mot qui sert à désigner ou à qualifier une personne ou une chose, les personnes ou les choses. Nom substantif. Nom adjectif. Nom masculin. Nom féminin. Nom neutre.
   Et transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, BOILEAU Sat. II.
   Un nom, pour le définir philosophiquement, est un mot qui sert à exprimer ou le sujet ou l'attribut d'une proposition, et souvent aussi des circonstances qui tiennent à l'un ou à l'autre, D'OLIVET Ess. gramm. I, 2.
   Nom propre, nom qui sert à désigner les personnes.
   Tout nom propre est déterminé par lui-même ; l'article lui est donc inutile, et on dira César, Alexandre, CONDILL. Gramm. II, 14.
   Nom commun, nom qui convient à tous les êtres, à tous les objets de la même espèce.
   Nom de nombre, nom qui sert à désigner les nombres. Trois, quatre, dix sont des noms de nombre.
17°   Le nom, ce qui n'est pas effectif, par opposition à ce qui est réel.
   Elle se défend du nom, mais non pas de la chose, MOL. Critique, 2.
   Non, après ce que nous venons de voir [la mort rapide de Madame], la santé n'est qu'un nom, la gloire n'est qu'une apparence...., BOSSUET Duch. d'Orl..
   Saint Chrysostome a bien compris cette vérité quand il a dit : Gloire, richesse, noblesse, puissance pour les hommes du monde ne sont que des noms ; pour nous, si nous servons Dieu, ce sont des choses ; au contraire la pauvreté, la honte, la mort sont des choses trop effectives et trop réelles pour eux ; pour nous ce sont seulement des noms, BOSSUET ib..
   Il est question de la chose et non pas du nom, FÉN. Dial. des morts anc. Dial. 39.
   Soyons justes, aimons le vrai, ne nous laissons pas séduire, jugeons par les choses et non par les noms, VOLT. Dict. phil. Femme..
   Les noms, en tout genre, font plus d'impression que les choses, VOLT. Mél. hist. Mens. impr. doutes test. Richel..
   N'être qu'un nom, n'avoir point de réalité.
   Croire que les vertus les plus pures ne sont que des noms, MASS. Avent, Bonh..
   Nous les accoutumons à penser que la vertu n'est qu'un nom, MASS. Panégyr. St Louis..
   Être Bonaparte, et se faire sire.... il croit monter en s'égalant aux rois, il aime mieux un titre qu'un nom, P. L. COURIER Corresp. mai 1804.
   Un Brutus qui, mourant pour la vertu qu'il aime, Doute au dernier moment de cette vertu même, Et dit : tu n'es qu'un nom !, LAMART. Médit. VII.
18°   Terme d'algèbre ancienne. S'est dit pour désigner une quantité qui a devant elle le signe + ou le signe -.
   On dit aujourd'hui terme ou monôme.
   Quantité de deux noms, un binôme.
19°   Nom de Jésus, petite peinture ou chiffre où ce nom est en abrégé.
   Nom de Jésus, sorte de papier fin.
20°   Au nom de, loc. prép. De la part de.
   Oui, mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polydore, MOL. le Dép. III, 2.
   Au nom de l'empereur j'allais vous informer D'un ordre qui d'abord a pu vous alarmer, RAC. Brit. I, 2.
   Le petit avertissement que j'ai reçu de la nature, d'aller trouver Horace, au nom de qui vous m'écrivîtes une si jolie lettre, VOLT. Lett. la Harpe, 8 avr. 1777.
   On dit de même : en mon nom, en son nom, etc.
   Fig.
   Notre religion, comme celle des anciens, anime les arts... la nôtre [le catholicisme] parle au nom de l'amour, la vôtre [le protestantisme] au nom du devoir, STAËL Corinne, X, 5.
   Il signifie aussi : en considération de.
   Au nom d'une amitié si constante et si belle, Employez le pouvoir que vous avez sur elle, RAC. Bérén. III, 1.
   Au nom de votre fils, cessons de nous haïr, RAC. Andr. III, 7.
   Au nom du Pinde et de Cythère, Gentil Bernard, sois averti Que l'Art d'aimer doit samedi Venir souper chez l'Art de plaire, VOLT. Billet à Bernard (auteur de l'Art d'aimer) pour l'inviter à souper chez Mme du Châtelet.
   Au nom de Dieu, en invoquant le nom de Dieu.
   Servez ce roi immortel et si plein de miséricorde [Dieu], qui vous comptera un soupir et un verre d'eau donné en son nom plus que tous les autres ne feront jamais tout votre sang répandu, BOSSUET Louis de Bourbon..
   La formule de foi que nous prononçons en confessant la Trinité, et qui est conçue en ces termes : au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, BOURDAL. Myst. Trinité, t. I, p. 493.
   Au nom de Dieu n'est quelquefois qu'une simple supplication.
   Mon frère, au nom de Dieu, ne vous emportez pas, MOL. Tart. III, 6.
   Je suis fort contente de ce que vous me dites de votre santé, mais au nom de Dieu, si vous m'aimez, conservez-vous, SÉV. 55.
   Au nom des dieux, se met dans la bouche des païens.
   Phoedime, au nom des dieux, fais ce que je désire, RAC. Mithr. IV, 1.
21°   De nom, par le nom.
   Ces deux dames se connaissaient de nom, et par là savaient les égards qu'elles se devaient l'une à l'autre, MARIVAUX Marianne, 7e part..
   De nom, se dit aussi par opposition à réellement et de fait.
   Ils combattent sous lui, sous son ordre ils s'unissent, Et tous ces rois de nom en effet obéissent, CORN. Sert. II, 1.
   Votre grâce qui n'est suffisante que de nom, PASC. Prov. II.
   N'ose-t-il être Auguste et César que de nom ?, RAC. Brit. I, 2.
   Reine longtemps de nom, mais en effet captive, RAC. Mithr. I, 2.
   La France était expirante sous le règne de Charles le Simple, roi de nom, et dont la monarchie était encore plus démembrée par les ducs, par les comtes et les barons ses sujets que par les Normands, VOLT. Moeurs, 25.
PROVERBES
   Je ne lui ai jamais dit pis que son nom, c'est-à-dire je ne lui ai jamais rien dit d'injurieux.
   On ne saurait lui dire pis que son nom, se dit de quelqu'un qui est connu comme un malhonnête homme, comme un scélérat.
   C'est un homme à qui il ne faut pas dire plus haut que son nom, c'est-à-dire c'est un homme qui s'offense aisément.
   On ne lui a pas dit plus haut que son nom, c'est-à-dire on ne lui a fait ni observation ni reproche.
   Notez que le dit Caveirac est l'auteur de l'apologie de la Saint-Barthélemy, pour laquelle on ne lui a pas dit plus haut que son nom, D'ALEMB. Lett. à Voltaire, 12 janv. 1763.
   Cette expression a aussi un sens tout différent : Vous ne lui direz pas plus haut que son nom, signifie que ce nom est si illustre qu'on n'en peut pas trouver de plus élevé.
   1. Le nom propre, étant destiné à distinguer une personne d'une autre, n'est susceptible ni de l'idée ni de la marque du pluriel. Mais il y a quatre exceptions à cette règle :
   1° on le considère comme le nom propre de toute une classe d'hommes et non plus seulement comme le nom propre d'un individu ; dans ce cas on dit au pluriel et avec l's : les Henris, les Bourbons, les Stuarts, les douze Césars, etc.
   La Seine a des Bourbons, le Tibre a des Césars, BOILEAU Ép. I.
   2° on l'emploie par antonomase, c'est-à-dire comme un nom commun, pour distinguer tous les individus semblables à celui dont ils empruntent le nom : alors les Corneilles se prend pour les grands poëtes tragiques, les Mécènes pour les protecteurs des lettres, etc. ;
   3° quelquefois les noms propres se mettent au pluriel, mais sans prendre l's, quand il s'agit, il est vrai, d'une seule personne, mais quand pourtant on veut citer ceux-là entre autres et non d'une manière exclusive.
   Les expressions heureuses qui font l'âme de la poésie et le mérite des Homère, des Virgile, des Tasse, des Milton, des Pope, des Corneille, des Racine, des Boileau, VOLT. Mél. litt. aux auteurs du nouv. Parnasse.
   4° quand on nomme des personnes qui ont porté le même nom, on emploie le pluriel, mais sans mettre l's : les deux Richelieu ; quatre Mathusalem.
   2. Les noms propres ne prennent point d'article, excepté en trois cas :
   1° on met l'article avec un nom de femme dans un parler très familier : la Grand-Guillaume, la femme de Grand-Guillaume ; ou par mépris : la Brinvilliers, Mme de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse ; on le met aussi devant les noms de chanteuses ou de danseuses en renom : la Taglioni, la Grisi, la Patti ;
   2° on met l'article quand le nom propre désigne le livre de la personne nommée : le Cicéron que vous m'avez envoyé ; donnez-moi un Tacite ; on dit aussi : cela est du Bossuet, du Racine, c'est-à-dire cela est tiré de Bossuet, de Racine ;
   3° enfin l'article défini se joint à quelques noms italiens : l'Arioste, le Tasse. On remarquera que les Italiens ne joignent l'article qu'aux noms de famille et jamais aux prénoms ; ce serait une faute de dire le Torquato, pour le Tasse ; c'en est une de dire le Dante ; Dante est un prénom ; et, quand les Italiens mettent l'article au nom de leur grand poëte, ils disent l'Alighieri, qui était son nom de famille. On a pris l'habitude de dire également le Poussin (Nicolas Poussin ayant longtemps vécu en Italie). Au XVIIe siècle, on a essayé d'introduire cet usage en France :
   À mon gré, le Corneille est joli quelquefois, BOILEAU Sat. III.
   SUBSTANTIF, NOM. Le substantif désigne les êtres par l'idée de leur nature ; à cause de cela on l'appelle souvent nom, parce qu'il paraît nommer les personnes et les choses. On peut presque toujours employer sans inconvénient sensible ce mot de nom pour celui de substantif ; toutefois, dans la rigueur des termes, le substantif n'est qu'une espèce du genre nom, lequel comprend, en outre, les adjectifs et les pronoms, JULLIEN.
   Xe s.
   S. El [il] li enorte.... Qued elle fuiet lo nom christien, Eulalie.
   XIe s.
   Par nun [à condition] d'ocire i enverrai le mien [fils], Ch. de Rol. III.
   Li niés [le neveu de] Marsile, il a num Astaroth, ib. XCI.
   Et de m'espée ancoi [aujourd'hui] sauras le nom, ib. CXL.
   Li nums Joyeuse à l'espée fut donet, ib. CLXXIX.
   XIIe s.
   Deus, dist li quens [comte], par ton santisme nom...., Ronc. 67.
   Et se je truis [trouve] ma dame o [avec] le douz non, Pleine d'orgueil et dame sans guerdon, Couci, II.
   Las ! pourquoi l'ai de mes euz [yeux] regardée, La douce rien qui fausse amie a non ?, ib. VI.
   [Le souvenir] me fait renouvelemens De toute joie sans non, ib. XV.
   Et la guerre dura tante mainte saison ; Li uns rois après l'autre la reprist en son nom, Sax. III.
   Seignor, dist li cuens [comte] Hues, par le nom de Jhesu...., ib. XXVIII.
   XIIIe s.
   Pape Adriens el roi Carlon Se plaint de Desiier par non [nominativement, en détail], Qui tenoit Pulles et Lombardie, Qui la guerre ot recomancie, PH. MOUSKES ms. p. 114, dans LACURNE.
   Comment avez à nom, que bien seiez venue ?, Berte, LII.
   Au nom à ce Seigneur [par le nom de ce Seigneur] qui se laissa pener Ens en la sainte croi, ib. CXII.
   Marie ai num, si sui de France, MARIE t. II, p. 401.
   Entre vous chrestiens estes fiz de Dieu, et de son nom de Criste estes appelez chrestiens, JOINV. 258.
   Il estoit home de grant non et de grant valeur, JOINV. 218.
   XVe s.
   Ceux de Karentan n'avoient point de capitaine de nom, FROISS. II, II, 27.
   Et en nom de remuneration je vous donne...., FROISS. I, I, 308.
   Et avec ce il avoit le nom d'estre le plus appert homme d'armes qui fust au pays...., FROISS. I, I, 325.
   Toute joye est descendue sur my, Quant j'ai oy de ma dame nouvelle ; Car elle m'a appelé nom d'amy, E. DESCH. Poésies mss. f° 180.
   La craincte fut plus grande que la perte des deux costez ; car il ne se perdit nul homme de nom, COMM I, 9.
   Moult furent joyeulx dames et damoiselles et les chevaliers de la feste, pour ce que grant temps avoit que le roy ne avoit fait feste de nom, Perceforest, t. IV, f° 57.
   Moult nice est celuy qui ne scet son nom nommer, ib. t. II, f° 21.
   Et ce jour fut en l'hostel de la dicte ville pour les affaires du roy, et là lui fut baillé le nom de la nuit [le mot d'ordre pour la nuit] comme à prevost de Paris, Chron. scandal. an 1465, p. 88, dans LACURNE.
   XVIe s.
   Au temps que le destin en Gaule fera naistre Henry second du nom, des autres rois le maistre, RONS. 873.
   ... Pour me tuer, deschirer et humer Mon sang, trahy dessous le nom d'aimer, ID. 952.
   Tel a le nom qui l'effect non, LEROUX DE LINCY Prov. t. II, p. 419.
   Le creancier puet commencer son execution, si bon luy semble, sur les debtes, noms [titres] et actions de son debteur, Coust. gén. t. II, p. 458.
   Wallon, no ; provenç. nom ; anc. esp. nome ; esp. mod. nombre ; ital. nome ; du lat. nomen ; sanscr. naman (1er a accent long) ; les étymologistes rapportent ce mot à jna, connaître, à cause du g initial qui se trouve dans co-qnomen.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
NOM. - HIST.
   XIIe s. Ajoutez :
   Tant com ensi [avec ses armes à l'envers] chevaucerai, Jà chevalier n'enconterrai Qui me die pis que mon nom, Perceval le Gallois, V. 42175.
(on remarquera l'existence de la locution proverbiale dès cette haute antiquité).

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.

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